Le Canada a joué un rôle déterminant dans les premiers travaux de recherche et développement (R-D) et dans l'élaboration de normes dans le domaine de la radiodiffusion audionumérique (DRB). Aujourd'hui, il fait valoir les avantages de cette technologie de pointe - et la perfectionne -, technologie qui a séduit un grand nombre de pays, dont le Canada. DABMC, voilà la marque de commerce de cette technologie, c'est-à-dire la radiodiffusion audionumérique (DRB).
Le contexte
Vers la fin des années 80, alors que le nombre de stations MA et MF augmentait, on réclamait un service de radiodiffusion de meilleure qualité. Les chercheurs étaient aussi en quête d'une façon novatrice de transmettre des signaux radio fiables et de haute qualité, tant à l'échelle locale qu'à l'échelle nationale.
En sa qualité de principal laboratoire spécialisé dans les travaux concertés de R-D en télécommunications de pointe, le Centre de recherches sur les communications Canada (CRC) pouvait compter sur un bassin de chercheurs innovateurs possédant les compétences techniques requises pour deviner le potentiel de la DRB au plan de la radiodiffusion nationale et locale et ses retombées positives pour l'industrie canadienne de la radiodiffusion et le grand public.
C'est Gérald Chouinard, chercheur au CRC, qui a imaginé une formule d'utilisation efficace du spectre : le « concept canadien d'utilisation complémentaire ». Cette méthode unique proposait l'utilisation complémentaire d'une bande de fréquence commune par les stations de radiodiffusion terrestre et par satellite afin d'offrir un service de radiodiffusion d'envergure locale et nationale partout au pays.
Les travaux de recherche avaient permis d'asseoir ce programme sur de solides assises, travaux dans le cadre desquels on avait tenu compte d'un grand nombre d'aspects scientifiques et techniques importants. Plus particulièrement, les recherches de base en vue de sélectionner la bande de fréquence la plus appropriée pour ce service ont été effectuées au CRC. Elles ont abouti (grâce au soutien technique du CRC) à la recommandation du Canada d'opter pour la bande de 1,5 GHz, recommandation déposée à la Conférence mondiale de 1992 de l'Union internationale des télécommunications (UIT). ET cette recommandation a été retenue, la plupart des pays présents y ayant souscrit.
Le façonnement d'une solide réputation
En 1990, le CRC, la Société Radio-Canada, l'Association canadienne des radiodiffuseurs, le ministère des Communications et quelques autres organismes ont uni leurs efforts pour formuler une recommandation à l'UIT favorisant l'adoption d'une norme internationale en DRB. La réputation mondiale découlant du calibre et du professionnalisme des travaux exécutés a permis d'établir la renommée du Canada en tant que chef de file dans ce domaine. Au même moment, le manuel sur la DRB de l'UIT était en préparation. Le CRC a joué un rôle important dans la rédaction de ce document exhaustif qui a été publié en 1995. En 2000, on a confié à M. Chouinard du CRC le mandat de réviser et de mettre à jour le manuel sur la DRB à la lumière de l'information transmise à l'UIT depuis 1995.
C'est grâce à ses travaux de recherche, à ses projets et à ses réalisations de grande qualité que le Canada a pu asseoir sa crédibilité dans ce domaine, acquérant la réputation d'autorité objective en DRB.
De cette réputation ont aussi résulté des débouchés pour les fabricants canadiens. Par exemple, TIL-TEK, une entreprise ontarienne qui a fabriqué les antennes de la bande L utilisées par les chercheurs canadiens lors de leurs essais et de leurs travaux de recherche, a décroché des commandes internationales en raison de sa participation aux travaux sur la DRB.
Soutien à l'industrie et outil de réglementation
En plus d'épauler l'industrie canadienne, le CRC, grâce à ses travaux de R-D, appuie les travaux de réglementation d'Industrie Canada en matière de gestion du spectre et de radiodiffusion. Industrie Canada et le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) ont ainsi pu élaborer des règlements appropriés en DRB. Les fabricants canadiens participent au développement de nouvelles technologies en DRB et les radiodiffuseurs canadiens ont, depuis de nombreuses années, exploré les avantages de cette nouvelle technologie numérique et se penchent sur les nouveaux débouchés qu'offre cet outil de radiodiffusion entièrement numérique.
À l'heure actuelle, le CRC est la seule source de compétences scientifiques en technologie de la DRB au Canada. De nombreuses organisations du secteur de la radiodiffusion comptent énormément sur le CRC pour lui fournir des services d'experts, effectuer des essais et assurer la veille technologique en DRB à l'échelle mondiale.
L'avenir
Aujourd'hui, la DRB s'annonce comme un outil clé pour le service sans fil fixe et mobile. Il s'imposerait d'aménager une infrastructure de radiodiffusion complexe constituée de réseaux de stations de transmission terrestres pour assurer des services à l'échelle de toutes les régions du Canada (dont dans les centres urbains, sur les autoroutes et les routes, et dans les régions éloignées).
Les travaux de R-D en DRB en cours au CRC concernent les systèmes multimédias mobiles sans fil, dont l'Internet interactif et l'infodiffusion. Les technologies de prochaine génération autoriseront les assistants numériques (PDA) à faire à peu près tout - radio intelligente, services assimilables à Internet, nouvelles sur demande et services riches en multimédia - grâce à la DRB.
René Voyer, gestionnaire de la recherche sur les systèmes de radiodiffusion au CRC, estime que : « Le CRC possède le savoir-faire pour cerner les possibilités de demain de la DRB, de même que les compétences pour faciliter et appuyer sa mise en œuvre au Canada et à l'échelle
internationale. »
Pour en savoir davantage sur la DRB (en anglais seulement), veuillez prendre connaissance de l'article publié dans Silicon Valley North ou encore communiquer avec René Voyer.