Centre de recherches sur les communications Canada
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Coup d'œil technologique

Bientôt sur un ordinateur près de vous : une interface Web en 3D

Photo de John Stewart avec une représentation 3D d’un bateau
Les utilisateurs de FreeWRL ont « reconstruit » cette représentation tridimensionnelle d’une épave, que l’on voit ici avec John Stewart, à l’arrière-plan, chercheur en réseaux informatiques du CRC.

Après le succès de salle du film Avatar et le Salon de l'électronique grand public où furent proposés des téléviseurs 3D, on ne devrait pas être bien loin d'une interface Web tridimensionnelle, n'est-ce pas? Le chercheur en réseau informatique John Stewart, du Centre de recherches sur les communications (CRC) jette un peu de lumière sur l'avenir d'Internet et le rôle que les normes ouvertes joueront probablement dans cet avenir.

Stewart représente le CRC au Consortium Web3D (www.web3d.org), qui a contribué à l'évolution d'Internet au fil des années en écrivant le langage informatique et en définissant les normes qui permettrait de rendre un contenu graphique tridimensionnel. Le langage original de balisage de réalité graphique virtuelle (VRML 1), développé au milieu d'années 90, a été suivi par le VRML 97 et, plus tard, par le langage de balisage graphique extensible tridimensionnel (X3D). Tous ces langages ont été adoptés par l'Association internationale de normalisation (ISO).

Aujourd'hui, Stewart est président du groupe de travail X3D-HTML5 du Consortium Web3D, qui travaille à l'intégration du X3D - le langage de balisage graphique tridimensionnel normalisé par l'ISO, avec le langage HTML - le langage hypertexte qui « dit » au navigateur qu'un certain texte est un en-tête, un autre est le corps du texte et une myriade d'autres caractéristiques qui définissent le « présentation étudiée » d'une page.

Conférences multidestination rehaussées par la réalité virtuelle

Lorsque Stewart a joint le CRC en 1996, il a pris part à des projets financés par la Commission européenne comprenant des conférences multidestination sur le Web. De leurs bureaux respectifs, les participants ont pris part aux travaux par vidéo, audio et sur un tableau blanc partagé. Mais voilà que l'essentiel des travaux se sont déroulés au tableau blanc. La vidéo n'ajoutait pas grand-chose et l'audio manquait de la souplesse qui aurait permis aux sous-groupes de participants de se consulter, comme ils auraient pu le faire dans le cadre d'une réunion ordinaire. Stewart proposa de laisser tomber la composante vidéo et de remplacer la composante audio par les technologies de l'univers virtuel qu'il préconisait à cette époque. La FreeWRL 3D Graphics et la mise en réseau MVIP-II produisaient un signal audio de proximité, de sorte qu'un participant pouvait s'entretenir avec d'autres et avoir une conversation à part sans déranger les travaux du groupe sur le tableau blanc.

Une partie intégrante de la réalité virtuelle est le langage graphique tridimensionnel, et l'expérience acquise par Stewart dans le cadre des conférences multidestination l'a conduit à réaliser dans quelle direction la tendance se développait. Il prédit que la mouvance vers un langage graphique plus puissant et moins cher aurait pour effet que les consommateurs utiliseraient le langage graphique tridimensionnel comme interface directe avec les réseaux informatiques.

Le processus de normalisation et l'évolution vers la 3D en HTML

Le processus de normalisation de la Web3D nécessite l'intégration d'au moins deux composantes dans un visualiseur opérationnel X3D avant qu'il ne soit normalisé. L'un de ces visualiseurs doit être un logiciel d'exploitation libre. Le FreeWRL, le logiciel d'exploitation libre que Stewart a préconisé, faisait parfaitement l'affaire. Distribué par Apple, le FreeWRL est téléchargé en moyenne 3 000 fois par mois. Ce logiciel a servi à rendre des données disponibles pour un nombre infini d'applications, allant de l'étude des modèles d'ADN jusqu'à la modélisation des stations spatiales internationales.

Mais visiter une page Web au moyen d'un navigateur HTML comme Firefox ou Internet Explorer nécessite un module d'extension pour la lecture d'un fichier PostScript.

« Actuellement, toute la navigation sur le Web se fait en mode bidimensionnel - on clique sur un bouton ou sur une image et le texte est « redessiné ». Avec des images fixes, on ne peut pas s'approcher et faire le tour [d'un objet] », explique Stewart. « Avec X3D comme partie de votre visionneur de page Web, il ne s'agit plus d'un module d'extension, de sorte que toute l'interface de votre navigateur peut être écrite en X3D. »

« Si nous parvenons à intégrer un langage tridimensionnel standard en exploitation libre dans chaque navigateur - et nous y parvenons - les idées que le CRC a contribué à normaliser se retrouveront dans tous les systèmes en réseau au monde », dit Stewart.

La norme HTML 5 devrait être finalisée au début de 2010, mais Stewart croit qu'il faudra encore du temps avant que tous les rédacteurs de navigateurs intègrent le langage X3D.

Pour en savoir plus, communiquez avec John Stewart, chercheur en réseaux informatiques, à l'adresse alex.stewart@crc.gc.ca ou au 613-998-2079.