
Au moment de la création du Centre de recherches sur les communications (CRC) en 1969, le monde était très différent. Les téléphones étaient branchés à des bureaux ou à des murs. Il n'y avait ni messagerie vocale, ni identification de l'appelant, ni service de messagerie textuelle. On envoyait les documents commerciaux par la poste terrestre ou aérienne, ce qui pouvait engendrer des retards de quelques jours ou semaines, selon la destination. Les ordinateurs étaient des appareils gigantesques, utilisés seulement par des universités, des instituts de recherche et des ministères choisis. À la maison, les enfants avaient le choix entre trois ou quatre canaux selon la taille de l'antenne de leur téléviseur, sauf s'ils habitaient dans une région rurale ou dans le Nord, car, à ces endroits, on ne disposait pas toujours d'une radio fiable, encore moins de la télévision. Mais le Canada était sur le point de changer. En 1962, le Centre de recherches sur les télécommunications de la défense (CRTD), le prédécesseur du CRC, a conçu et fabriqué Alouette 1, et le succès remporté a prouvé au monde entier que des instruments délicats, complexes et fabriqués correctement pouvaient être envoyés dans l'espace et transmettre des renseignements pendant des années. Puis, en 1967, John Chapman, responsable du projet Alouette, a publié son important rapport sur l'avenir de la science spatiale au Canada. Au lieu de s'engager sur la même voie que les États-Unis et l'Union soviétique en mettant l'accent sur les applications militaires dans l'espace, John Chapman pressait le gouvernement à élaborer un système national de communication par satellite. Selon lui, une telle initiative profiterait véritablement à la population canadienne et favoriserait la croissance, la prospérité et l'unité du pays. On sait maintenant qu'il s'agissait de paroles prophétiques dont le gouvernement a tenu compte pour créer le CRC deux ans plus tard. | ![]() Les Premières du CRC étalées sur 40 ans, ausi disponible sur le site web du CRC au www.crc.gc.ca/premieres. |
Comme nous le savons aujourd'hui, durant les 40 années d'existence du CRC, les technologies de communication ont transformé nos vies. Elles ont changé nos méthodes de travail, nos loisirs, nos relations avec notre famille, nos amis et nos collègues, et ce, tant à l'échelle nationale qu'internationale. Elles ont modifié nos méthodes d'apprentissage, nos modes de recherche et même, selon des chercheurs, la manière dont nos cerveaux se connectent pour réfléchir. À mesure que les technologies transforment nos vies, nous les transformons à notre tour en exigeant des technologies plus rapides, plus petites et plus efficaces. À tel point que les domaines traditionnels que devait superviser le CRC à l'origine, soit les satellites, la téléphonie et les technologies de radiodiffusion, se mélangent et convergent de nombreuses manières imprévues.
Pendant 40 ans, le CRC est demeuré à l'avant-garde de cette révolution des télécommunications pour prévoir et créer les technologies qui ont permis au Canada et à l'industrie canadienne de devenir des chefs de file des technologies de communication. Le CRC a même reçu deux prix Emmy pour ses contributions exceptionnelles à la technologie de la télévision et des satellites. Voici quelques faits saillants des 40 années d'existence du CRC.
Le satellite expérimental Hermès du CRC a été conçu pour éprouver un nouveau concept. Au lieu d'envoyer des signaux de communication à de grandes stations de réception, les chercheurs voulaient savoir si un satellite à puissance et à fréquence plus élevées en orbite pouvait produire des signaux assez puissants pour être reçus à l'aide de petites antennes paraboliques indépendantes et portables. Cela, pensaient-ils, pourrait même ouvrir la porte à des services de télédiffusion directe par satellite. Compte tenu du très grand nombre de petites antennes paraboliques installées sur les toits aujourd'hui, il n'est pas surprenant d'apprendre que cette expérience a réussi. On a utilisé le satellite Hermès entre 1976 et 1979 pour faire la démonstration de nombreuses applications, comme la télémédecine, l'apprentissage à distance et la télédiffusion directe. En 1978, Hermès a établi une liaison téléphonique claire et stable avec des habitants du Nord canadien lors d'une démonstration de la télémédecine par satellite dans le but de transmettre les radiographies d'un patient du Moose Factory General Hospital, du district de Cochrane, jusqu'à l'University Hospital de London, en Ontario. La même année, Hermès a aussi offert au monde entier sa première télédiffusion directe par satellite lorsque des diplomates installés dans le jardin du conseiller commercial canadien au Pérou ont pu regarder une partie des séries éliminatoires de la coupe Stanley disputée à Montréal entre les Canadiens et les Bruins de Boston.
Il est difficile d'imaginer aujourd'hui une époque où l'Internet n'existait presque pas, où on l'appelait ARPANET et où il était formé de quelques ordinateurs centraux seulement, principalement installés aux États-Unis et reliés entre eux pour effectuer des expériences. Les recherches avaient pour but de mettre au point un système permettant aux ordinateurs de communiquer entre eux. En 1985, le CRC a établi la première connexion internationale au tout nouvel Internet à l'aide d'un câble terrestre. Cette connexion a donné un élan aux recherches canadiennes et fourni aux scientifiques et aux ingénieurs les outils nécessaires pour faire des expériences sur des sujets comme les protocoles de réseau, l'infrastructure de réseau câblée et sans fil et les applications de réseau. Par conséquent, les chercheurs et les entreprises canadiennes se sont positionnés à l'avant-garde du développement des produits et des services axés sur le protocole Internet. Par exemple, le CRC et la Société Radio Canada ont créé le premier site Web au monde à offrir une radio sur Internet.
Dans la soirée du vendredi 30 janvier 1998, on a démontré au CRC le potentiel de la TVHD pour le diagnostic et le traitement des patients. Cette première canado-japonaise a permis à des chirurgiens se trouvant au Japon de présenter, au moyen d'une téléconférence à haute définition par satellite, la procédure Batista modifiée pour réduire chirurgicalement un cœur hypertrophié. Des chirurgiens de l'Institut de cardiologie d'Ottawa ont ensuite fait la démonstration d'une nouvelle technique pour un pontage aortocoronarien à effraction minimale. Les deux procédures avaient été enregistrées en format à haute définition, et la téléconférence à haute définition a permis aux chirurgiens des deux côtés du Pacifique d'examiner les fins détails des procédures chirurgicales en temps réel.
Pour de plus amples renseignements sur les réalisations du CRC, veuillez écrire à media@crc.gc.ca.