

Si les systèmes satellitaires étaient des buts dans une joute de hockey, le Centre de recherches sur les communications Canada (CRC) pourrait être fier de son « truc du chapeau » impressionnant comme joueur clé dans les trois phases de développement du système Cospas-Sarsat.
Le système Cospas-Sarsat est un ensemble renommé de systèmes satellitaires qui fonctionnent comme un seul. Le satellite de repérage et de sauvetage (SARSAT) est utilisé par le Canada, la France et les États-Unis tandis que le système Cospas fait un travail équivalent en Russie. Depuis presque 25 ans, ce système satellitaire international achemine de l’information à des services de recherche et de sauvetage pour localiser des gens en détresse partout dans le monde. Depuis sa création, le système Cospas-Sarsat a contribué au sauvetage de plus de 20 000 personnes, dont plus de 1 000 au Canada. Chaque mois, une centaine de personnes en situation de détresse sont aidées, allant d’un écrasement d’avion à un accident de navire ou de bateau en passant par un accident lors d’une randonnée dans la nature.
La troisième phase de développement assurera l’avenir de Cospas-Sarsat, à partir d’un système de repérage et de sauvetage satellitaire à orbite moyenne terrestre (MEOSAR). Le CRC travaille activement à ce projet avec l’Agence spatiale canadienne, EMS Satcom et la NASA. Le système MEOSAR, actuellement à l’étape de prototype, permettra de mieux déceler les balises et comblera les lacunes de temps réel et de couverture de ses deux prédécesseurs, le système de repérage et de sauvetage satellitaire à orbite terrestre basse (LEOSAR)/et le système de repérage et de sauvetage à orbite terrestre stationnaire (GEOSAR).
Même si le système MEOSAR est composé d’un satellite et d’une station terrestre, le rôle du CRC porte surtout sur la recherche et le développement de l’équipement de réception au sol. Une station prototype du terminal local d’usager à orbite moyenne terrestre (MEOLUT), installée en 2006 au CRC, utilise actuellement l’équipement expérimental des satellites en orbite pour évaluer le nouveau système MEOSAR. La station MEOLUT du CRC est l’une des deux seules installations mondiales, la seconde étant à la NASA aux É.-U. Il y a un échange de données techniques entre le CRC et la NASA pendant cette période d’essai et les deux stations au sol démontrent déjà l’énorme potentiel du système MEOSAR.
Composé de nombreux satellites à orbite moyenne terrestre (MEO) à environ 20 000 km, le système prototype peut relayer les signaux des balises de 406 MHz à la station MEOLUT. En fonctionnant à une orbite plus élevée que le système LEOSAR, MEOSAR est capable de « voir » une plus grande portion de la Terre, et donc de déceler plus rapidement une balise de détresse. En se déplaçant plus lentement au-dessus de la surface de la terre, il a plus de chance de déceler une balise. Les chercheurs du CRC et l’industrie canadienne utilisent ce système expérimental pour concevoir des paramètres de transmission plus efficaces grâce aux derniers progrès de la puissance et de la vitesse des ordinateurs. Ce système calculera rapidement l’emplacement des balises en alignant ou triangulant les signaux reçus en provenance de plusieurs satellites, grâce à des techniques similaires à celles de la navigation par satellite (c.-à-d. GPS), mais à l’inverse, du fait que l’utilisateur active un émetteur plutôt qu’un récepteur.
Au printemps 2007, le CRC a commencé à tester le MEOSAR avec sa station MEOLUT à Ottawa, le Canada captant les signaux d’essai transmis par le Centre national d’études spatiales (CNES) de Toulouse (France) grâce à des satellites en orbite moyenne (MEO ) passant au-dessus de l’Atlantique. Des plans sont en cours pour avoir des charges utiles de 406 MHz sur les futurs satellites de navigation mondiaux (GNSS), comme le GPS des États-Unis, le GLONASS de la Russie et le nouveau système Galileo de l’Europe dans les prochaines années.
L’ajout du système MEOSAR sera comme passer d’une connexion Internet lente à une connexion haute vitesse permanente. En plus d’une couverture mondiale continue, le système offrira une réception plus fiable des signaux de balise par de multiples parcours de signaux. Il offrira aussi une détection et localisation quasi-instantanées des balises et la capacité de suivre des balises mobiles sur un radeau ou dans un avion même avant son écrasement.
Le CRC participe à la technologie sous-jacente du Cospas-Sarsat depuis le début. Dans les années 70, le Canada a réalisé des expériences avec les agences spatiales des États-Unis et de la France qui ont conduit à la création d’un système de repérage et de sauvetage à l’aide de satellites. En 1976, on a mené des tests de validation de principe ici au CRC en utilisant une balise de détresse modifiée reliée à un satellite radio amateur. Aujourd’hui, plus de 40 pays sont membres du programme Cospas-Sarsat, qui a récemment déménagé ses quartiers généraux de Londres (Angleterre) à Montréal (Canada).
Le travail continu du CRC sur le système MEOSAR de Cospas-Sarsat fera en sorte que les forces de repérage et de sauvetage et les utilisateurs de balises 406 MHz partout dans le monde disposeront d’un service optimal d’alerte et de localisation pendant de nombreuses années à venir.
(Article adapté du texte « MEOSAR à la rescousse » par Jim King, publié dans l’EMS SATCOM Quarterly, 31 janvier 2007)