1959 à 1972Grâce au lancement d'Alouette 1 en 1962, le Canada est devenu le troisième pays au monde à envoyer un satellite dans l'espace. Alouette 1 s'est avéré un exploit technique et scientifique et il a favorisé l'élaboration d'un programme spatial canadien. |
Avant les satellites, on utilisait les ondes radio réfléchies sur une couche de la haute atmosphère, appelée « ionosphère », pour la communication interurbaine sans fil. Toutefois, cette communication n'était pas très fiable, surtout dans le Nord canadien. Pour résoudre cette difficulté, il était nécessaire pour les scientifiques de mieux comprendre l'ionosphère. Lorsque l'Union soviétique a lancé le satellite Spoutnik en 1957, les scientifiques ont compris les possibilités de l'étude de l'ionosphère à partir de l'espace. Spoutnik a stimulé le développement des connaissances canadiennes sur la technologie spatiale.
La conception de l'artiste de vaisseau spatial d'Alouette.
Lorsque les États-Unis ont lancé un appel à contribution pour la conduite d'expériences à bord d'un satellite, le Centre de recherches sur les télécommunications de la défense (CRTD) d'Ottawa a proposé un ambitieux plan de « sondage » de l'ionosphère à partir de l'espace. La National Aeronautics and Space Administration (NASA) a accepté d'intégrer cette expérience dans l'un de ses satellites. Les ingénieurs ont vite constaté qu'ils ne pourraient pas concevoir le système de sondage indépendamment du satellite. Le CRTD a donc choisi de construire son propre satellite pour réaliser son expérience.
Le satellite a été conçu, construit et éprouvé en grande partie par le CRTD, l'ancêtre du Centre de recherches sur les communications Canada, établi sur ce site. Le concept novateur d'Alouette, qui comprenait des transistors, des photopiles, de longues antennes télescopiques et des batteries durables, et des essais extrêmement rigoureux ont garanti la réussite du programme. L'industrie canadienne, le Conseil national de recherches du Canada, la NASA et d'autres établissements du Conseil de recherches pour la défense ont également contribué de façon cruciale au succès du programme.
Alouette a survolé et sondé l'ionosphère en orbite à 1 000 km au-dessus de la Terre. Pendant 10 ans, il a transmis des données à des stations terrestres pour qu'elles soient enregistrées sur des bandes magnétiques à des fins d'analyse. Les scientifiques ont étudié les variations régulières de l'ionosphère causées par le rayonnement solaire et ils ont appris beaucoup de nouvelles choses sur le champ magnétique terrestre. Les données ont confirmé que l'instabilité de l'ionosphère dans le Nord empêche toute prévision.
Dans la foulée du succès d'Alouette, le gouvernement a décidé de soutenir les communications spatiales et la croissance d'une industrie spatiale canadienne. Cela a permis au Canada de devenir le premier pays à posséder un système de communication géostationnaire par satellite (satellites Anik), puis des satellites d'observation de la Terre (RADARSAT), un système de recherche et sauvetage assisté par satellite (SARSAT) et du matériel de robotique spatiale (Canadarm) qu'il met au service des navettes spatiales de la NASA et de la Station spatiale internationale.