La transmission ou l'enregistrement d'une seconde de données audio stéréophoniques de la même qualité qu'un disque compact requiert 1,4 mégabits de mémoire (soit environ le huitième de la capacité de stockage d'une disquette de 3,5 pouces). Il est possible de réduire cette quantité de données par un facteur de 10 à 15 sans perte audible de qualité en recourant à des techniques de compression de débit aussi appelées "codage source". Pour atteindre un tel niveau de réduction de débit, les systèmes de codage source audio les plus récents font appel à des techniques sophistiquées de traitement du signal pour réduire toute redondance dans le signal audio ainsi qu'à un modèle informatique de l'oreille humaine pour en éliminer les composantes jugées inaudibles. L'apparition des sytèmes de codage source audio a rendu possible l'avènement de nouveaux services tels la radiodiffusion numérique ainsi que la radio et la distribution de la musique sur l'Internet.
Au cours des dernières années, plusieurs laboratoires ont developpé des systèmes de codage source audio qu'ils continuent d'améliorer. Certains de ces systèmes sont devenus des standards internationaux ou continentaux. Le MPEG Layer 2, developpé conjointement par le CCETT, l'IRT et Philips, le MPEG Layer 3 (ou MP3) de FhG, l'AC-3 de Dolby Labs et le MPEG AAC (AT&T, FhG, Dolby Labs, Sony, Université de Hanovre) en sont des exemples. D'autres codecs tels le ePAC de Lucent ou le QDMC de la compagnie canadienne Qdesign sont utilisés dans certaines applications multimédia ou sur l'Internet. La plupart de ces sytèmes de codage sont disponibles commercialement et la partie décodeur peut fonctionner en temps réel sur un ordinateur personnel de type Pentium. On a rapidement perfectionné la partie encodeur de ces systèmes qui offrent une gamme de débits binaires comprimés allant de 8 kbit/s jusqu'à 640 kbit/s par paire stéreo. Les plus performants permettent de comprimer le débit d'une paire stéréo jusqu'à des valeurs aussi basse que 100 kbit/s tout en maintenant une qualité sonore à toute fin pratique équivalente à celle du signal non-comprimé. Plusieurs de ces systèmes sont également capables de coder des signaux sonores multicanaux.
Des travaux de recherche sont menés dans notre groupe dans le but d'améliorer les modèles psychoacoustiques utilisés dans les codeurs audio. Notre groupe effectue également des tests d'évaluation subjective de la qualité sonore de ces nouvelles technologies en collaboration avec des organismes de normalisation ou en vertu de contrat avec des compagnies privées.